(Re)démarrage

Après avoir pédalé,

après avoir mangé beaucoup de crêpes, de far breton et de kouign-amann,

après avoir beaucoup ri,

après avoir monté quelques côtes,

après avoir découvert le Breizella, erzat de nutella breton additionné de caramel au beurre salé,

après être devenues des professionnelles du montage/démontage de tente Quechua,

après avoir parcouru 410 kilomètres (QUATRE CENT DIX KILOMÈTRES, les gars! Record de 2013 battu!) et surtout,

après avoir passé 6 mois à procrastiner et à se dire que ça serait peut-être le moment d’en parler sur le blog,

chers lecteurs voici venu le temps du récit de notre voyage à vélo en Bretagne. (Enfin! Oui je sais)

J’espère que vous êtes encore quelques uns derrière l’écran à me/nous lire même si j’ai bien conscience que pfiouuu, ça fait Pépin Le Bref (comme le dirait si bien P.), que je ne suis pas venue par ici. Ai-je-besoin d’en présenter les raisons? NON (vous remarquerez mon sens aigu du débat). La perspective d’un nouveau voyage à deux en 2015 et d’un projet en solo (ou presque) pour moi, m’a probablement donné envie de revenir vous raconter toutes nos aventures et péripéties de l’été 2014 (et il y en a eues!) .

Pour ceux qui n’auraient pas tout bien suivi, nous sommes parties du 9 au 22 août 2014 pour un voyage à vélo majoritairement en Finistère sud, avec une petit incartade dans les Côtes d’Armor et en Morbihan. Nous sommes parties avec un itinéraire de base (que je vous avais présenté ici) mais qu’on a beaucoup adapté et modifié en cours de route en fonction de nos envies, de ma forme physique (oui j’ai eu quelques difficultés), du calendrier et du temps (les aléas du direct en somme). Je vous présenterai au fur et à mesure des billets le trajet.

Pour résumer un peu l’esprit du voyage, je dirais en tout simplicité que ce fut génialement génialissime et fabuleux. Bien sur il y a eu des mauvais moments, des moments d’angoisse extrême (oui au moins) et de désespoir (genre quand on n’avait plus de biscuits à grignoter), mais personnellement j’ai vécu deux semaines de pur régal. J’imagine que pour P. c’est pareil puisqu’elle n’est point réfractaire à recommencer une session vélo cette année.

Pendant le voyage j’ai eu la brillante idée de rédiger un journal de bord assez détaillé. C’est grâce à dernier que je vais tout vous raconter (ou presque parce que j’ai quand même ma dignité). Aujourd’hui pour commencer on va parler des quelques jours qui ont précédé le début du voyage.

La première fois que j’ai posé un pied en Bretagne, ça ressemblait à ça.

P. étant en vacances à Camaret la semaine précédent notre voyage, je l’ai rejointe le jeudi 7 août. L’expression Finistère n’a jamais aussi bien porté son nom lorsque vous tentez de rejoindre en train le point le plus à l’ouest du vieux continent. Après 1 heure de RER, 5 de TGV et 40 minutes de TER, j’ai enfin pu poser un pied en territoire breton à la gare de Pont de Buis.

Passé le choc de l’arrivée (après 7 heures de transport le simple plaisir d’être en  dehors de toutes infrasctrutures appartenant à la SNCF, vous donnerez presque le sentiment de la liberté retrouvée), je me suis installée à l’entrée de la gare patientant gentillement que P. et sa maman viennent me chercher. C’est alors qu’à l’insu de mon plein gré, je suis entrée en interaction avec le peuple breton, et je dois dire que ce contact avec la population autochtone m’a laissé…dubitative.

Je me suis en effet fait alpaguer par un trio de trois gaillards (du genre teuffeurs-punks à chien-alcooliques-drogués : AB-SO-LU-MENT CHAR-MANTS donc) en quête d’amour (et plus si affinités). A leur démarche, j’ai pu constater qu’ils n’avaient pas bu que du cacolac au gouter, ni manger que des cigarettes au chocolat. Après que le leader du groupe que nous appellerons GAETAN m’ait demandé une cigarette, pourquoi j’étais là, d’où je venais et mon prénom, il a fini par m’avouer la raison profonde de sa présence à savoir que son ami avait très envie de faire connaissance avec moi (pour info l’ami en question me regarder avec des yeux fort bilouteux tout en suçant langoureusement son doigt (si si j’vous jure)).

« VEUILLEZ VOMIR ICI »

J’avoue que d’habitude quand les gens sont en retard, ça ne me fait ni chaud ni froid. Pour cette fois-ci c’est avec un grand soulagement que j’ai vu P. et Josy ENFIN arriver. Mais Gaetan n’en avait pas fini (Les bretons sont têtus. Le sais-tu? ). Alors que nous étions sur le point de partir il m’a interpellé une dernière fois avec cette phrase tellement poétique « t’aurais pas un 06 par hasard? ». J’ai été dans l’obligation de décliner sa proposition malgré le caractère hautement attractif de sa demande. J’ai peut-être loupé un truc non? Qu’en pensez vous? En tout cas, le voyage s’annonçait riche en rencontres fort intéressantes.

Nous avons fini par rejoindre en fin de journée Camaret, toute la famille de P. (et mon vélo qui avait fait le voyage en voiture) pour une soirée très calme : au programme tarot, crêpes et repos. Camaret est un ancien port langoustier qui s’est reconverti dans le tourisme et la plaisance. On y trouve encore de vieux bateaux de pêche agonisant de façon fort pittoresque pour le plus grand plaisir des touristes. Je n’ai pas eu l’occasion de m’y balader longtemps mais c’est un très chouette endroit. J’y retourne en mai à l’occasion d’un nouveau voyage en Bretagne (cette fois ci à pied!) : j’espère en voir plus!

Bruno Jargot - Port de Camaret-sur-Mer - CC BY 2.0

Le port de Camaret avec à droite la Tour Vauban (inscrite au patrimoine mondiale de l’UNESCO)

Franz-Josef Molitor - Camaret sur mer_11529 - CC BY 2.0

Les commerces du port

Frédérique Voisin-Demery - Le sillon de Camaret - CC BY 2.0

Le sillon (Il s’agit à la base d’une accumulation naturelle de galets. Maintenant, le sillon est artificiel) avec au fond la chapelle Notre Dame de Rocamadour et la Tour Vauban

Le lendemain c’est sous un ciel gris et une pluie fine que nous nous sommes réveillées (BIENVENUE EN BRETAGNE!). Nous avons bravé les éléments pour faire quelques courses, manger du kouign-amann (mon premier!) et cuisiner. Nous avons profité du retour du soleil en fin d’après midi pour marcher en empruntant le GR34 (alias le chemin des douaniers qui longe l’ensemble des côtes françaises) et plus particulièrement autour de la pointe de Pen Hir. Les falaises, les embruns, la mer, la bruyère, les paysages à couper le souffle : je suis tombée sous le charme.

Bruno Jargot - Pointe de Pen-Hir -  CC BY 2.0

La pointe de Pen-Hir

Bruno Jargot - Vue sur l'anse de Pen Hat à partir de la pointe de Pen-Hir -  CC BY 2.0

La vue!

Erick LEVASSEUR - Pointe de Pen-Hir Camaret sur mer - CC BY 2.0

Les falaises avec derrière les trois « Tas de Pois » (pas facile à dire ça!)

Après cette folle après-midi nous sommes rentrées : il fallait continuer notre régime alimentaire breton (crêpes/kouign-amann nature et aux pommes/cidre) pour reprendre des forces. Nous avons terminé la journée à préparer nos affaires pour le grand départ du lendemain. A 22 heures 30 nous y étions encore… Moi en train de faire du tri (j’avais définitivement pris trop de chose) et P. tentant de mettre au point l’installation de ses sacoches. J’ai noté dans mon journal de bord : « dernière nuit à Camaret agitée : cauchemars et mal de tête ». L’angoisse du départ probablement…

C’est tout pour aujourd’hui! La prochaine fois je vous raconte notre premier week end du voyage… J’espère ne pas mettre 6 mois à vous publier l’article (fingers crossed!),

A très bientôt!

Bicyclettement vôtre (oh que ça m’avait manqué ça!),

H.

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La théorie

Dans la vie, il y a la théorie et la pratique. Sur le papier (et surtout dans sa tête), on élabore des projets avec de jolis calendriers et de belles échéances. Et puis pour une obscure raison, toute la mécanique pensée et réfléchie se grippe à un moment donné. On rentre alors dans une sorte de n’importe quoi, plus communément appelé joyeux bazar. Généralement on finit toujours pas retomber sur ses pattes (pieds?) mais souvent en empruntant des chemins qu’on n’avait pas prévu de prendre au départ (j’ai l’âme d’un berger guidant ses brebis aujourd’hui. L’esprit de Jean Claude Van Damme m’habite).

Par exemple en théorie ce blog devrait être alimenté d’un article par semaine (objectif modeste et atteignable). Cependant dans la pratique nous pouvons constater que depuis 2 mois, il ne s’y est rien passé. C’est moche je sais, mais que voulez vous, le blog s’est simplement adapté à différentes contraintes et à des éléments indépendants de sa volonté. Il a emprunté un chemin désertique avant de retrouver l’oasis d’une nouvelle publication.  Aujourd’hui JOIE et BONHEUR, le blog reprend du service. Tout finit donc pas rentrer dans l’ordre…

Pour notre prochain voyage c’est un peu la même chose. Non, nous n’espérons pas traverser une contrée désertique peuplée de chameaux et de dromadaires avant de retrouver l’oasis d’une crêperie où boire de l’hydromel, tout en dégustant une galette (3615 cliché bonjour!) ; mais nous avons bien conscience que nous allons devoir nous adapter et faire coexister pratique et théorie, le tout de manière sereine. Les aléas du direct comme le dirait si bien Gérard Holtz…

La théorie en l’occurrence, c’est le parcours que nous avons élaboré (enfin que P. a élaboré car dans le binôme H. et P., c’est elle qui manie comme personne les cartes Michelin). Nous avons tout bien calculé : le nombre de kilomètres par jour, la durée de chaque étape, l’utilisation au maximum de voies réservées aux vélos, le dénivelé proportionnel à notre entrainement physique, l’équilibre entre voyage à la mer et voyage dans les terres, notre souhait d’éviter la foule des touristes tout en découvrant de chouettes lieux… Bref! On a tout bien fait SAUF que j’ai quand même la vague impression qu’un jour on va se retrouver à faire 80 kilomètres à côté d’une autoroute en ayant monté 3 côtes, le tout sous la pluie…

Aujourd’hui je vais donc vous présenter notre parcours théorique. Lorsque nous serons revenues de voyage, je ferai un petit comparatif pour voir comment la pratique a modifié la théorie. Notre périple s’organise en trois parties (j’aime faire des plans de dissertation dans la vraie vie) :

  • Partie 1 : La pointe du Raz,
  • Partie 2 : Le canal de Nantes à Brest et
  • Partie 3 : Le Golf du Morbihan.

Cette année j’ai essayé de m’améliorer sur la présentation du parcours. Je vous propose donc une jolie carte (qui en plus a un côté gayfriendly). Chaque ville-étape est signalée par une lettre (pour faciliter la compréhension dans le descriptif du parcours ci dessous, vous retrouverez à côté de chaque ville sa lettre correspondante). Je n’ai volontairement pas mis les itinéraires car Google Maps ne présente pas les voies vertes et autres pistes cyclables que nous allons emprunter. J’espère que ce sera clair pour vous. N’oubliez pas de faire glisser la carte (non je ne vous prends pas pour des débutants, mais je pense aux lecteurs nés avant 1960). N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez!

Partie 1 : La pointe du Raz

Jour 1 : Pointe du Raz (A) – Pont l’Abbé (B)

Jour 2 : Pont l’Abbé (B) – Loctudy (C) – Ile des Glénan (D) – Concarneau (E) –

Pour cette journée, peu de vélo mais du bateau et une journée découverte sur l‘archipel des Glénan.

Jour 3 : Concarneau (E)- Quimper (F) – Chateaulin (G)- Pleyben (H)

Pour rejoindre Chateaulin, nous prendrons le train à Quimper, une bonne occasion de tester la cohabitation TRAIN/VELO!

Partie 2 : Le canal de Nantes à Brest

Nous emprunterons gaiement le canal du JOUR 4 au JOUR 10 avec un parcours de Pleyben (H) jusque Josselin (O). Nous n’avons pas preparé les étapes les unes après les autres. Nous savons juste qu’au jour 10 du voyage, il faudrait être à Josselin (enfin ça serait bien mais rien n’est obligatoire).

Pour préparer le voyage nous avons consulté le vélo-guide « La Bretagne à vélo : Le canal de Nantes à Brest et la Vélodysée » (ISBN : 9782737361197). Dans cet ouvrage (que nous allons emporter dans nos sacoches), des étapes sont proposées. Pour faire notre itinéraire il est prévu 4 étapes de 50 kilomètres. Autant vous dire qu’on va être assez large (on se laisse un peu de marge « au-cas-où-on-ne-sait-jamais »). Nous pensons parfois rester 2 jours au même endroit, histoire de découvrir les alentours du canal (ou pour s’abriter sous la tente en cas de journée pluvieuse, n’oublions pas qu’on est en Bretagne).

Sur la carte j’ai placé les principales villes par lesquelles nous allons passer. Si vous voulez voir notre parcours, je vous conseille de zoomer, vous verrez ainsi le canal que nous longerons.

Partie 3 : Le Golf du Morbihan

Jour 11 : Josselin (O) – Questembert (P)

Jour 12 : Questembert (P) – Sarzeau (Q)

Pour les trois derniers jours du voyage nous prévoyons de découvrir le Golf du Morbihan à vélo en ayant un point de chute sur la presqu’ile de Rhuys. Nous n’avons prévu aucun itinéraire. Tout se fera en fonction des envies… Peut être prendrons nous le bateau pour passer la journée sur une ile (Houat, Hoedic, Belle Ile ou encore l’Ile aux Moines : le choix est vaste)?  Peut être resterons nous sur la plage toute la journée, pour griller comme pendant un mechoui? Peut être passerons nous 3 jours dans le lit à récupérer? On ne sait pas mais en tout cas ça sera l’aventure!

C’est tout pour aujourd’hui!

Rendez-vous bientôt (je ne sais pas vraiment quand, mais ça peut être dans 3 mois ;))

Bicyclettement vôtre (pour toujours),

H.

Ps : non je ne suis pas folle, je sais que je vous ai mis deux cartes strictement identiques. C’est simplement pour faciliter la lecture… 😉

Les velos fantômes…

Oyé-oyé les cyclistes (et les non-cyclistes),

Aujourd’hui nous allons parler d’un sujet pas vraiment joyeux (deux points, ouvrez les guillemets), : « les risques du métier d’être un cycliste en ville ». Quand on fait du vélo on aime rouler les cheveux au vent (quand on a encore des cheveux sur le caillou qui bique), regarder le paysage, snober tous les automobilistes coincés dans un bouchon et manger des moucherons. Ce qu’on aime beaucoup moins c’est se faire klaxonner parce qu’on prend trop de place sur la route (non être à 2 centimètres de la bordure n’est pas synonyme de sécurité pour un 2 roues), se faire « engueuler » par les piétons parce qu’on roule sur un trottoir (alors que généralement il n’y a personne), ou voir que pour certains l’angle mort n’est qu’un obscur concept qui n’a aucun fondement dans la réalité. Faire du vélo en ville relève parfois du parcours du combattant. Dans certaines métropoles les aménagements sont nombreux (par exemple Berlin), mais dans d’autres il est parfois risqué de s’y aventurer (je ne citerai personne, mais la liste est longue). Le risque est toujours présent et parfois, les conséquences des accidents sont tragiques.

Ghost Bike - Todd Hufmann - (CC BY 2.0°

Un ghost-bike à Londres

Il existe une coutume pour rappeler à tous que certains cyclistes en se rendant tout bêtement à leur travail ou au cours d’une promenade dominicale, ont perdu la vie, et tout cela à cause de quelques secondes d’inattention. C’est un peu le même principe que ces silhouettes noires, que l’on croise sur les routes. Lorsqu’un cycliste a perdu la vie, ses proches repeignent son vélo en blanc et l’installe à l’endroit de l’accident. Ces vélos s’appellent des ghost-bikes. Ces derniers sont parfois customisés avec des fleurs, des rubans ou des effets personnels.

Ghost Bike - Ludovic Bertron -  (CC BY 2.0)

Un ghost-bike à New York

Ce que j’aime dans cette initiative, c’est sa visibilité, son côté « arty » (je suis une fille = j’aime les fleurs et les paillettes), et pas morbide. C’est une manière simple de rappeler que les cyclistes sont des usagers fragiles de la route, et qu’il ne faut pas les oublier. Personnellement je n’ai jamais croisé de vélo blanc, mais si ça devait vous arriver, vous savez désormais la signification de cette présence.

Ghost bike Bogota Sept 13 09 Nicole Cañón - Carlos Felipe Pardo - (CC BY 2.0)

Un ghost-bike à Bogota

En espérant que mon message n’ait pas dissuadé certains d’entre-vous de commencer/continuer à faire du vélo en ville, à bientôt!

Bicyclettement vôtre,

H.

Back In Real Life

Toutes les bonnes choses ont une fin : c’est bien connu. Il s’avère à mon (notre?) grand regret que nos vacances n’ont pas échappé à la règle. Après une folle semaine de découvertes, de fous rires, de frites, de crevettes, d’accent belge, de vélo et surtout après nos 253 kilomètres, en ce lundi 5 août nous devions nous résoudre à un fait simple : la fin était proche…

DÉSESPOIR
HORREUR
ABOMINATION
PLEURS
(oui au moins)

Je ne sais pas vous mais lorsque les vacances sont sur le point de se terminer toutes les habitudes du quotidien (prises en quelques jours seulement), prennent une saveur particulière. Dans ma tête un décompte rempli de mélancolie se met en place (allez : sortons les violons!). La journée avant le grand départ s’égraine au fil des dernières fois : la dernière nuit, le dernier petit déjeuner à l’auberge, le dernier mauvais café, la dernière douche, l’ultime visite… Bref! c’est la der des der. Je suis certaine que cela m’empêche un chouilla de profiter pleinement des derniers instants mais que voulez vous on ne se refait pas!

Je suis tiraillée entre la tristesse du départ et la joie de vivre des instants savoureux qui n’existeront plus prochainement. [oui aujourd’hui je suis d’humeur lyrique et mielleuse, pardon my gnagnanitude!] Lorsqu’on quitte un lieu que l’on a apprécié, on se dit souvent (en tout cas mois je me le dis) « je reviendrai c’est sur! ». Et puis le temps passe et il faut bien le reconnaître, on ne revient pas forcément. C’est peut-être cette promesse que je fais et que je ne tiens pas qui me rend mélancolique. Je sais qu’en définitive je ne reviendrai jamais… Oui mais ça c’était avant Berlin! Nous nous égarons un peu : un recentrage s’impose!

Donc! Notre train du retour Ostende/Bruxelles étant aux alentours de 12 heures 30, nous avions toute la matinée pour profiter des derniers instants sur place. Les bagages faits, le petit déjeuner ingurgité, nous nous sommes mis en route vers notre ultime expérience. Oui parce que en vrai, tout ce voyage n’a été une ÉNORME expérience dont nous ne savions pas quelles allaient être les conséquences. On aurait pu :

ne plus jamais se parler avec P. ;
ne plus jamais manger de frites (tellement les frites belges sont les meilleures) ;
ne plus jamais faire de vélo de toute notre vie ou même pire,
ne plus jamais réussir à nous asseoir (because fessier douloureux).

Heureusement rien de tout cela n’est arrivée. En ce lundi matin nous avons décidé de faire du vélo (pour bien continuer sur notre lancée) mais d’une manière tout à fait particulière. Au cours du voyage nous nous sommes rendues compte que nous avions toutes les deux toujours souhaité (révé?) faire du tamdem. L’occasion était trop belle (un voyage parfait, une co-équipière de choc, une condition physique optimale) pour ne pas mettre en pratique ce souhait. On s’est donc dirigé vers un loueur pour 30 minutes de folle épopée tamdemesque.

Nous et la bête!
Big up au loueur qui a du nous prendre pour des fucking touristes…

Le tamdem j’ai envie de vous dire, c’est un peu comme danser la valse ou le rock si tu n’es pas synchro avec ton partenaire : rapidement ça devient n’importe quoi. Lorsqu’on est devant, les sensations sont relativement identiques à celles qu’on ressent quand on pédale tout seul comme un grand, à la seule exception qu’on a l’impression de traîner un boulet derrière soi (no offense P., c’est pour l’image que je dis ça. Tu es la plus mignonnette de toutes les boulettes de la planète). Derrière par contre, la position de suiveur est beaucoup plus périlleuse. C’est un peu comme si vous pédaliez seul mais en ayant les yeux fermées. Celui placé derrière n’a aucune visibilité sur la route mais peut au contraire bien profiter des paysages latéraux (si toutefois il ne porte pas de K-Way). Autant vous dire qu’il faut vraiment avoir confiance dans son partenaire.

LE moment critique du tamdem reste le démarrage. Trouver son équilibre à vélo tout seul : c’est pas facile (rappelez vous lorsque nous avions 5-6 ans, il me semble qu’on a tous un peu galéré pour y arriver). Mais à deux, c’est VRAIMENT pas évident. Je pense qu’il doit y avoir une histoire de point d’équilibre plus bas ou plus haut comparé à quand on est seul (y a-t-il un scientifique dans l’assistance qui pourrait nous expliquer ça mieux que moi?) mais en tout cas il faut de l’entrainement!

Après toutes ces émotions, il nous fallait bien un remontant! On s’est donc dirigé vars Pomodoro pour un ultime Cappuccino/Ristretto. Le temps d’écrire une dernière carte, de faire le bilan de l’aventure (mais pas trop quand même parce que c’était pas complètement fini!), de papoter (encore et toujours) et nous sommes mises en route vers la gare…

Le dernier café!

A Bruxelles comme à l’aller, nous avons fait une petite pause thé. Vous ne pouvez pas imaginer le regret que nous avons eu de ne pas acheter par centaine des boites de Sable émouvant. On s’en mord méchamment les doigts. Si vous passez à Bruxelles Midi, et que vous avez envie d’être chic avec nous : dites le nous, on vous passera une commande express!

Opération tricot dans le train
P. ou la seule fille au monde à être jolie en faisant un truc de grand-mère
(jolie performance)

L’Eurostar nous a emmené jusque Lille et nous nous sommes séparées sur un quai de gare comme nous nous étions retrouvées 1 semaine plus tôt (avec jusque quelques souvenirs et quelques courbatures en plus). Les vacances étaient finies…

Logiquement c’est ici que s’arrête ce blog.
Sauf que…

Rendez vous dans le prochain billet!
Bicyclettement vôtre,

H.

Ps : en bonus je vous mets notre musée des horreurs et byzarreries du voyage.

Envie d’un sac youki? Celui là est vraiment collector…
Tiens si je ramenais du voyage un crabe rempli de bébés nus et morts?
Vous noterez donc qu’il est strictement interdit
de nourrir les mouettes avec des frites…

Le dernier…

Oui mais le dernier quoi?

Le dernier billet du blog?
Le dernier carré de chocolat?
Le dernier chapitre (et après je dors)?
Le dernier épisode (et après je vais me laver parce que ok on est dimanche, mais il est quand même 15 heures)?
Le dernier (pour la route)?

Que nenni les amis! Laissez moi vous conter aujourd’hui, le dernier épisode de notre folle épopée cyclotouriste. Abordons donc le programme de ce jour du seigneur passé à Koksijde.

Point phonétique ouvert
Si au départ le mot ne pose pas de problème, il est certain que passées les trois premières lettres on est un peu plus hésitant quant à la prononciation de Koksijde. Cela se prononce donc KokSid. Kok bon bah comme un coq (jusque là on est bon) ; et Sid comme le Sid de l’Age de Glace épisode 1, épisode 2, épisode 3 et même épisode « et des brouettes ». Ne me demandez pas comment un J finit par se prononcer [d], je n’en ai pas la moindre idée (et puis bon, comme on n’est pas là non plus, pour faire un cours de phonétique flamande, on s’en fiche un peu non?).
Point phonétique fermé

Donc Koksijde! Alors je suis très embêtée, voyez vous, car je en sais pas pourquoi mais il semblerait qu’on n’ait pas pris de photos de la journée. Ça va être un brin compliqué pour vous expliquer ce qu’on a vu mais je vais essayer quand même…

Trajet (avec un retour en force des photos moches de notre carte de voyage (youpiiiiiiiiii) :
Trajet aller : 4-52-80-81-82-66-65
Trajet retour : 65-66-82-81-12-13-14-15-16-52-4
Nombre de kilométre parcourus : 68

Après 4 journées de pédalage, je peux vous dire qu’on était rodé pour affronter la journée. Au début du voyage, nous n’avions pas conscience (enfin surtout moi) qu’il était nécessaire de faire des pauses de temps en temps, de manger en continue, de boire très régulièrement ou d’avoir un œil sur la montre (pour avoir le temps de se reposer entre l’aller et le retour), etc… On voulait aller trop vite en besogne (ahhh la jeunesse!). A la fin du voyage nous transpirions la sagesse (d’ailleurs on ne transpirait pas que la sagesse mais ça c’est une autre histoire). Tout cela explique probablement que nous ayons réussi à faire 70 kilomètres le dimanche alors que nous avions atteint péniblement les 33 kilomètres le premier jour de notre périple.

Nous sommes donc arrivées fraîches et pimpantes à Koksijde sous un soleil radieux, à l’heure pile poil du déjeuner (sans même le faire exprès, enfin si peut-être un peu…).

Nous avons dégusté pour nous sustenter, une croquette de crevette, spécialité culinaire typique du bord de mer belge. Il s’agit d’une préparation à base de crevettes (jusque là on est raccord avec le titre du plat), roulée sous les aisselles dans de la chapelure et frit (frite?). Certains spéléologues avertis ont courageusement tenté de découvrir ce qu’il y avait dans ladite préparation mais leur rapport est sans appel, comme dans la fricadelle : le mystère reste entier. Cependant on a trouvé que c’était bon!

Après le repas, nous avons flâné le long du bord de mer tout en dégustant des gaufres (mais c’est pas possible! on a fait que manger et boire des cafés pendant ses vacances?!?) et avons assisté à quelques échanges d’un tournois de tennis local, le vingt-septième Flanders Ladies Trophy. Nous n’y avons pas croisé Serena Williams ou Maria Sharapova mais c’était chouette quand même de prendre le soleil bercées par le bruit des balles de tennis rebondissant sur la terre battue (petit impression de Roland Garros en version belge).

Nous avons terminé l’après midi au Santos Palace et là une pause s’impose!

Comme vous le savez (ou pas d’ailleurs) je suis originaire du Nord. Lorsque j’étais petite, nous allions avec mes parents et mon frère régulièrement sur la côté belge passer une journée, notamment à La Panne. Lorsque nous nous y arrêtions, il y avait un rituel immuable : celui de la crêpe du Santos Palace. Pour ceux qui se poseraient la question le Santos ne ressemble en rien au Martinez de Cannes. Ça n’est indéniablement pas un palace mais pour la mini-H. que j’étais, le simple mot de palace suffisait à me faire croire que j’étais dans un endroit très chic et très classe (ce qui était en partie vrai). Je m’étais construit tout un imaginaire autour du Santos : les dames y étaient forcément bien habillés et les messieurs de preux gentlemans prêts à servir leurs belles (oui c’est un chouilla cliché et kitchouille mais j’avais 7-8 ans et j’étais biberonnée aux Disney donc tout s’explique…).

La façon dont les serveurs avaient de m’interpeller par un « et pour Mademoiselle ce sera? » (genre j’étais une grande), le décorum (une grande salle majestueuse haute de plafond), l’ambiance surannée et l’odeur du café moulu : j’avais l’impression d’être dans un film. Je ne dirais pas que ce lieu est ma madeleine de Proust à moi, mais cela s’en rapproche quand même beaucoup…

Il y a quelques années le Santos a fermé à La Panne pour réouvrir à Koksijde, dans des nouveaux locaux qui ont vous vous en doutez, beaucoup moins de charme à mes yeux. L’odeur du café moulu est cependant toujours là mais je n’y vois plus les coquettes de mes souvenirs et la décoration est beaucoup moins spectaculaire. Qu’à cela ne tienne, je me devais de montrer à P. ce morceau d’histoire personnelle. Nous avons donc siroté notre café en terrasse, tout en profitant du spectacle « chevulaire » des passants (P. adore découvrir dans la foule des coupes de cheveux improbables).

Avant de partir nous avons visité la très belle église de la ville (bah oui on était dimanche, il fallait qu’on aille faire un p’tit coucou à J.-C. quand même).

Eglise de Koksijde inspirée du mouvement d’une vague

Une fois rentrées à Ostende, nous avons déposé nos vélos chez Nico. On a dit au revoir à nos montures et je peux vous dire que ça sentait méchamment la fin des vacances… Horreur et désespoir!

Pour cloturer le voyage nous nous sommes mis en quête d’un resturant (il fallait marquer le coup quand même après toutes ces émotions). En ce dimanche soir l’offre était limité mais on a trouvé LE restaurant de lovers de la ville. Sache que si tu as envie de pécho à Ostende (certains s’inscrivent à Meetic, d’autres vont à Ostende : chacun sa méthode dans le domaine…), je ne saurais trop te conseiller d’aller au restaurant DiVino qui possède une qualité tout à fait remarquable : celle d’être ouvert le dimanche.

Au delà de ça, le contenu des assiettes vaut le détour, l’ambiance est très « cosy-dîners aux chandelles-mots doux susurrés-viens là que je te fasse du pied » ; et l’accueil est très chouette (l’équipe est composée d’une mère qui est derrière les fourneaux et de sa fille qui sert en salle. Si la plus jeune ne parle pas français, la môman vient directement à votre table pour vous traduire le menu et vous expliquer le contenu de ses plats). La carte des vins est riche en suggestion! Il y a donc moyen de se faire très très plaisir!

Repues nous nous sommes dirigées vers l’auberge pour notre dernière nuit à Ostende. Et oui déjà…
La prochaine fois je vous parle de notre retour en Frankreich et de notre matinée expérimentale du lundi…

A bientôt,
Bicyclettement vôtre,

H.

La Venise belge

Après notre grande journée glande, nous étions plus motivées que jamais pour reprendre le vélo. Sur les conseils de mon grand-père (pépé si tu me lis, je t’embrasse), nous avons décidé pour la journée du samedi de nous lancer dans une grande aventure qui n’était pas vraiment prévue au programme : ALLER A BRUGES (ou Brugge en version flamande dans le texte).

Comme vous le savez : je ne suis pas sportive (à force de le dire dans 90% de mes billets, je me doute bien que vous avez compris le truc!). L’idée donc de m’éloigner de la côté et de notre programme de base me faisait un peu peur. Vous savez c’est comme quand petit, on est à la piscine et que l’idée de s’éloigner du bord nous fait flipper. Bon bah moi c’était un peu la même chose mais en étant plus grande et en faisant du vélo… Tout est normal.

Pour tout vous dire la première fois que P. a dit « Mais on pourrait aller à Bruges c’est pas si loin! » je lui ai répondu le plus normalement du monde « ah ouais c’est clair! » ; tout en pensant très fort « ouais ouais c’est ça! Et puis la marmotte elle met le chocolat dans le papier d’allu’ MUHAHAHAHAHAHAHA ». Ne lui dites pas : elle n’est pas au courant. Bref! Prise dans un élan sportif que j’ai moi même du mal à comprendre et à expliquer, on y est allé quand même (et surtout on en est revenu!).

La journée a commencé sur les chapeaux de roues car c’est pas tout ça mais on avait 50-60 kilomètres à faire dans la journée.

Réveil : 7 heures 30
Douche : 7 heures 40
Habillage : 7 heures 50
Petit dej’ : 8 heures
Brossage de dents : 8 heures 45
Préparation du sac : 8 heures 50
Départ : 9 heures.

C’est vrai qu’après cette rapide présentation de l’emploi du temps, on pourrait croire que je suis un vrai cerbère en vacances mais je laisse le soin à P. de démentir (hein P.  tu démens? hein c’est vrai? Je ne suis que douceur volupté et calme non?). Si ma cyclist-partner fut la maîtresse des barres de céréales, on peut dire que je fus, quant à moi, le maître du temps du séjour (fidèle à ma devise : vaut mieux être très en avance qu’un peu en retard. Vous l’aurez compris de vous même : j’ai quelques petits soucis de psychorigidité mais je me soigne!).

Pour le trajet, j’ai bien essayé de vous prendre en photo notre carte que vous avez déjà pu observer maintes fois mais en regardant le piètre résultat, je me suis dit que ça n’était vraiment pas possible de vous infliger un tel spectacle. Je me suis résolue à vous le faire en version google maps (certes moins artisanale mais esthétiquement un peu plus respectable…).

L’itinéraire a débuté par un petit trajet en barque comme nous l’avions déjà fait pour nous rendre à Knokke ou à Nieuwpoort. Indéniablement, prendre le bateau pour commencer sa journée : ça met tout de suite de bonne humeur!

En attendant le bateau… (P. ne semble pas convaincue par la précédente phrase…)
Ce bateau semble avoir quelques heures de vol au compteur… (Port d’Ostende)

Vous l’aurez constaté sur la carte, notre trajet vers celle qu’on appelle la Venise belge, nous a permis de longer le canal qui mène à la ville.

Point fort de ce trajet :
le calme,
la quiétude, 
la possibilité de se mettre côte à côte pour parler sans être gênées toutes les deux secondes par d’autres usagers de la route

Point faible de ce trajet : 
la grosse activité cyclotouriste
On s’est fait doubler par un sacré paquet de groupes de mecs tous fières de dépasser à vitesse grand V deux nanas en jupe (syndrome typique du mec dit à p’tite bite qui roule des mécaniques : enfin j’dis ça, j’dis rien).
le matage de pipi
On a eu le plaisir de se faire mater par un monsieur tout content de nous voir faire pipi. Miam Miam! Youpiiii Et en plus il avait un berger allemand…
les routes en mauvaise état
Les chemins qui longent le canal sont bordés d’arbres dont les racines se font un malin plaisir de soulever les dalles de béton. Mieux vaut avoir une selle moelleuse…

Une fois en ville nous avons garé nos vélos et sommes parties à la découverte de Bruges. Pour être tout à fait honnête, faire du vélo n’est pas le meilleur moyen pour être un touriste averti, patient, consciencieux et disponible intellectuellement. Nous n’avons donc fait aucun musée ou visite dite « incontournable » (mais qu’es-ce qui est véritablement incontournable? Il me semble tout à fait possible de découvrir Paris sans voir la Tour Eiffel non?). Nous nous sommes baladées calmement, en essayant aussi de ménager nos forces pour le retour (et puis en vélo il faut garder à l’esprit qu’après l’aller il y a le retour héhé!).

Bruges et ses canaux.
Bruges, ses canaux et son toutou (photo en mémoire de Bobby…)
Les pavés colorés
C’est une maison bleue
Si le belge est sympa avec le cycliste, le commerçant belge, lui l’est beaucoup moins. On a croisé ce panneau dans la ville afin que personne ne stationne devant des boutiques (bouuuhhhh : méchants commerçants!)

Nous avons profité de notre courte après-midi pour nous balader, découvrir quelques boutiques de fringues (oui bon on est des vrais fi-filles je vous l’accorde) et de fureter en librairie à la recherche d’œuvres d’auteurs belges (je vous en parle très vite d’ailleurs)

Le retour a été un peu sportif because vent de face mais on réussi à rentrer! Une douche, un repas à l’auberge et hop au dodo…

La prochaine fois je vous raconte Koksijde (et je vous explique aussi comment prononcer ce mot qui défit les lois de la phonétique…).

A bientôt,
Bicyclettement vôtre,

H.

Knokke Le Zoute Tango

Afin d’ouvrir le mois d’août de façon tonitruante nous avons décidé pour le quatrième jour de notre périple de découvrir Knokke et de nous rapprocher dangereusement du pays de Dave et du Gouda, au risque de nous retrouver avec un mega-brushing orange pétard. Nous n’avons décidément peur de rien! La journée du jeudi a été la plus chaude et la plus ensoleillée de la semaine. Plus besoin de gilet, de foulard ou de chaussures fermées : nous étions libres comme l’air portées par le doux souffle de la crème solaire Avène indice 50 et on a bien fait car on aurait pu finir comme des écrevisses passées sous le grill d’un barbecue espagnol un peu trop chaud.

Le réveil fut matinal car nous avions pas mal de kilomètres à faire. Notre « plan de vol » initial était de déjeuner à Blankenberge (qui sonne phonétiquement comme le fait d’aller manger une banquette à Bergues), de reprendre la route en début d’après-midi pour rejoindre Knokke, pour ensuite revenir à Ostende en fin de journée. Quelques petits événements imprévus (dont vous trouverez le détail dans la suite de ce billet) ont légèrement bouleversé nos plans. Nous avons donc rejoint Knokke à vélo mais sommes revenues le soir vers notre auberge grâce au tram.

Trajet aller : 4-bateau (même système que pour Nieuwpoort)-8-5-7-6-9-31-32-33-36-37-42
J’espère que les photos de la carte vous permettront de vous y retrouver aisément. C’est à dire que comme on devient des pros et qu’on fait une quantité non négligeable de kilomètres par jour (oui mes chevilles vont biens, merci) la carte devient trop large pour les pages du blog…

Zoom Ostende-De Haan

Trajet aller : 4-bateau (même système que pour Nieuwpoort)-8-5-7-6-9-31-32-33-36-37-42

Zoom De Haan-Blankenberge

Trajet aller : 4-bateau (même système que pour Nieuwpoort)-8-5-7-6-9-31-32-33-36-37-42

Zoom Blankenberge-Zeebrugge

Trajet aller : 4-bateau (même système que pour Nieuwpoort)-8-5-7-6-9-31-32-33-36-37-42

Zoom Zeebrugge-Knokke
Trajet aller : 4-bateau (même système que pour Nieuwpoort)-8-5-7-6-9-31-32-33-36-37-42
 
Alors que s’est-il passé lors de cette folle journée? Tout avait pourtant bien commencé. Après avoir bu notre mauvais café matinal à l’auberge et fait le plein de bananes, barres de céréales, pains, pommes et fromage (non on ne fait pas semblant quand il s’agit de refaire le stock de nourriture en pillant le buffet du petit déjeuner), nous nous sommes mises en route. Après avoir pris le bateau navette à Ostende, nous avons découvert la campagne flamande.
 
Coquelicots belges dans les blés flamands
Pourquoi tu me prends en photo toi là bas?
Bonjour, je m’appelle Pauline et je suis fan de La Redoute. J’ai décidé que lorsqu’on me prendrait en photo,j’adopterai désormais les pauses des mannequins du catalogue. J’adooooore ma vie!
H. (quelque peu décoiffée) et son vélo avec une roue légèrement dégonflée à l’arrière qui fera l’objet d’un arrêt au stand le lendemain.

Les conditions étaient parfaites pour cette journée : grand soleil avec un léger vent mais tout à fait supportable au niveau du pédalage. On a donc réussi à rejoindre De Haan en une petite heure. L’occasion de faire une pause, de boire un coup et d’admirer la différence de fréquentation de la plage entre un jour de pluie (lundi) et un jour ensoleillé. L’expérience du début du séjour nous a permis de comprendre qu’il valait mieux faire des petites pauses régulières plutôt que d’attendre d’être assoiffées et affamées pour s’arrêter. Manger un bout même quand on n’a pas faim permet de tenir la distance (et là c’est le cas de le dire). L’autre leçon pour l’année prochaine c’est qu’il est préférable d’avoir toujours à disposition l’eau, la carte et la crème solaire car il n’y a rien de plus énervant que de :

1. s’arrêter ;
2. enlever les sandows (on en a perdu un en route d’ailleurs) ;
3. sortir la carte en essayant de pas l’abimer (car H. est une psychorigide, entre autres, du pliage de carte) ou sortir la bouteille du sac (bouteille qui est au fond sous une tonne de trucs parce que sinon c’est pas drôle) ;
4. tout ranger une fois que c’est fini ;
5. remettre le sac sur le porte bagage en veillant à ce qu’aucun lien ne puisse être pris dans les rayons de la roue ;
6. se rendre compte qu’on avait dit qu’il fallait remettre de la crème solaire et devoir tout recommencer.

***LOOOOOOOOOOOOOOOOSE***

Quand on n’a pas de tête, on a du temps et de la patience. Bref! Sur la plage de De Haan en plus des touristes on a croisé deux curiosités : une brosse et une bibliothèque.
Ceci est une brosse à pied qui permet une fois assis sur un jolie banc blanc et orange de vous épousseter les petons et de les débarrasser du sable. Ceci est donc un repaire à mycoses.
Bibliothèque de plage qui lutte contre l’invasion massive de Closer et Public sur la plage… Y’a du boulot!

Nous sommes ensuite reparties vers Blankenberge qui est pour ma part, la ville que j’ai le moins aimée lors de notre road trip. Je ne sais pas si c’est le monde, le bruit ou l’odeur extrêmement présente de friture mais j’ai eu le sentiment d’être dans le Palavas-Les-Flots belge ou tout simplement dans une immense attraction à attrape-touristes. Le temps de manger un risotto (qui ressemblait à tout sauf à un risotto : là ce sont mes racines siciliennes qui s’expriment ;)), de profiter un peu de la fraicheur de l’église de la ville et nous sommes vite reparties pour de nouvelles aventures.

Au fil des journées, on a constaté que les itinéraires que nous avons utilisés étaient particulièrement soignés. Soignés dans le sens où les routes sont bien aménagées pour les vélos (pistes cyclables nombreuses et biens balisées), que nous sommes passées par de très jolies routes de campagne, que nous avons traversé des villages calmes et paisibles et que nous n’étions pas à côté de nationales deux fois deux voies moches remplies de gros camions. On a clairement senti un effort des autorités locales et des auteurs de la carte pour rendre les parcours agréables. C’est « bonheur de la pédale » donc! Pour P. la sécurité est particulièrement importante et autant vous dire qu’elle n’a trouvé rien à redire sur les parcours. On ne l’a pas fait exprès mais la côté belge est véritable propice à un voyage en vélo. Deux exceptions cependant à ce constat : la zone portuaire d’Ostende et de Zeebrugge.

Si tu es déprimé et que tu as envie de te suicider : va donc dans la zone portuaire d’Ostende ou de Zeebrugge. Ambiance rouille et filets de pêches abandonnés, odeur de poisson pourri et d’huile de moteur, absence significative de tout élément pouvant se rapprocher de la nature : on nage en plein cauchemar de vacanciers. Mais bon ça fait partie de la vie de la côte aussi (même si c’est pas vraiment un décor de carte-postale).

En nous dirigeant vers Knokke nous avons pu observer l’arrivée et le départ de deux énormes paquebots de la zone portuaire de Zeebrugge. Le pont bleu que vous voyez dans les photos ci-dessous s’est levé devant nos yeux ébahis pour laisser les bateaux passer. Cela nous a bloqué pendant 50 minutes et c’est vrai qu’en plein cagnard on a fini par trouver le temps long, mais on a quand même assisté à un spectacle impressionnant.

Sortie d’un paquebot (on se sent tout de suite vraiment tout petit)
Couleurs primaires dans le port de Zeebrugge (copyright P. pour le titre)
Quand certains partent, d’autres arrivent. Version maritime des grands chassés-croisés juillettistes/aoutiens des vacances estivales.
On est ensuite reparti vers Knokke pour arriver en fin d’après midi dans le centre ville très chic et choc de LA station balnéaire du bord de mer belge. N’y tenant plus, P. s’est laissée tenter par une petite baignade tandis que je découvrais la ville. Après toutes ces émotions (et surtout une légère crise d’insolation pour P.) nous avons pris un petit café bien reconfortant. Il était déjà 18 heures et la perspective de retourner à Ostende en vélo nous semblait…difficilement faisable (chaleur + insolation + kilomètres dans les jambes = petit coup de mou). On avait le mollet un peu faiblard! On a donc opté pour la solution des flémards du Kusttram. Si le billet n’est pas très cher (2 euros par personne), il faut veiller à prendre également un ticket pour son fidèle compagnon à savoir le vélo (2 euros également). Même si le tram n’est pas climatisé (non je ne suis pas une bourgeoise mais quand il fait plus de 30 degrés c’est une information qui mérite d’être précisée), le trajet est assez agréable car on découvre d’une autre manière le bord de mer.

De retour à l’auberge, nous avons eu l’immense plaisir de prendre une bonne douche et de découvrir qu’on avait pas mal bronzé (la petite victoire des vacanciers). La journée s’est terminée sur la digue à déguster une frite/fricadelle bien réconfortante en admirant un magnifique coucher de soleil rose/orangé (que je n’ai pas pris en photo ce que je regrette).

Une très très chouette journée, qui nous a incité à faire une pause le lendemain.
Mais ça je vous le raconte au prochain épisode.

A bientôt,
Bicyclettement vôtre,

H.

Ps : Bonus gold!

 Nous sommes deux sœurs jumelles nées sous le signe de l’ampoule. P. est à gauche et H. à droite. Parfois faire du vélo ça peut faire mal aux mollets mais également au pouce…